Et les Huichols, vous connaissez? | La sagesse sur Terre

Et les Huichols, vous connaissez?

Une petite présentation pour commencer: qui sont-ils

Les Huichols ou Wixáritari sont un peuple indigène vivant dans la Sierra Madre occidentale au centre-ouest du Mexique, principalement dans les états de Jalisco, Nayarit, Zacatecas et Durango.

Ils parlent une langue uto-aztèque, le vixaritari vaniuki ou Wixárika, et  se dénomment eux-mêmes les wixarica, ce qui signifie « les gens » dans cette langue.

Les Huichols se partagent en cinq grandes communautés. Chacune est autonome avec ses propres autorités civiles.

Les Huichols sont parvenus à préserver leur organisation politique traditionnelle. Une assemblée communale se réunit quatre fois par an et il y a également cinq gouvernements traditionnels, composés d’une dizaine de personnes, élues pour un an. Les impôts existent, sous forme d’un système de charges.

L’autorité spirituelle est aux mains d’un Conseil des Anciens; ceux qui le composent, nommés à vie, sont souvent des chamanes (prêtres, guides spirituels) ayant eu des fonctions importantes et connaissant parfaitement l’histoire mythologique. De plus, certaines personnes sont chargées du culte des images et des saints, dérivés de la religion catholique et de la tradition populaire métisse.
Pour les terres communales, l’autorité agraire et son président des Biens Communaux font la loi.

L’agriculture dans leur patrie montagneuse est très difficile et les récoltes peuvent manquer facilement. Ils cherchent l’assistance des forces de la nature à travers un cycle compliqué de cérémonies pour assurer le succès des récoltes et de leur propre survie

Dans la Sierra Madre, les Huichols ont gardé certaines traditions qui ne sont pas sans évoquer la société du temps des Aztèques, représentants d’une tradition shamanique précolombienne qui fonctionne encore d’après les cérémonies de leur passé éloigné.

Malgré l’invasion espagnole et en dépit de « l’empiètement physique et culturel » de leurs voisins mexicains, ils s’efforcent de garder leur culture vivante

Dès l’enfance, ils apprennent à communiquer avec le monde de l’esprit. A travers les effets hallucinogènes du Peyote, l’éclaircissement et les pouvoirs du shaman (marakame) peuvent être accomplis. Le Peyote est révéré par le Huichol, comme  « un véritable cadeau des Dieux ». Chaque année, ils accomplissent 500 km afin de récolter le cactus hallucinogène qui permet de  » parler aux dieux « . (nous y reviendrons prochainement)

Les Huichols ont une tradition orale et aucune langue écrite, ils s’expriment à travers leur oeuvre d’art, y répertorient et transmetent leur connaissance, leurs sensations religieuses les plus profondes et leurs croyances spirituelles acquises à travers une vie de participation dans les cérémonies et les rites. Pour le Huichol, sa peinture (qui en fait n’en est pas une puisqu’il s’agit de fils collés sur un support), est beaucoup plus qu’une expression esthétique.

A l’origine, les Huichols étaient répartis dans ce qu’on appelle des ranchos, dispersés dans la Sierra. Le rancho huichol est une série de maisons qui comptent chacune une seule pièce. Les habitations étaient traditionnellement faites de pierres et de boue, avec un toit de paille, et rassemblées autour d’un patio (cour).

Aujourd’hui, les maisons des Huichols sont en général faites de matériaux modernes, avec des toits en tôle et des pièces cloisonnées. Elles sont regroupées dans des villages (pueblos), lesquels comptent à présent avec de nouveaux lieux, signes de modernité et de développement. Depuis la fin du 20e siècle, de nombreux villages huichols ont en effet été équipés de pistes aériennes, de routes, d’écoles et de centres de santé.

Les Huichols cultivent traditionnellement le maïs, le haricot et les courges pour leur consommation personnelle et leur pratique religieuse. Mais depuis quelques années, ils sont à peine autosuffisants, et préfèrent acheter la farine de maïs à la ville. La culture du maïs, dans le champ appelé milpa, n’est plus qu’une pratique religieuse.

On observe une nouvelle migration économique vers les villes et les champs de Durango, Zacatecas et sur la côte de Nayarit. Les indiens s’y rendent pour effectuer des travaux agricoles, pour un salaire minimum et une exposition maximum aux pesticides toxiques.

« Les enseignements sont pour tous, pas simplement pour des Indiens. … Les personnes blanches n’ont jamais voulu apprendre auparavant. Ils ont pensé que nous étions des sauvages. Maintenant ils ont un avis différent, et ils veulent apprendre. Nous sommes tous les enfants des dieux. La tradition est ouverte à n’importe qui veut apprendre. Mais qui veut vraiment apprendre ? » Don Jose Matsuwa, Huichol, 1989

 

 

( Suite la semaine prochaine)

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