Huichols et tradition | La sagesse sur Terre

Huichols et tradition

Comme beaucoup de peuples premiers, les Huichols estiment être les gardiens du maintient de l’équilibre de l’univers. Equilibre fondamental des Eléments dont dépend la vie de la céréale, de la végétation et par conséquent des hommes. L’univers est instable, et pour les Huichols, si les Eléments échappaient à leur contrôle, cela pourrait provoquer à tout instant une catastrophe irrémédiable.

L’ultime mission des Huichols, et des mara’akames (chamanes) tout particulièrement, est d’assurer l’équilibre cosmique par la combinaison des forces contraires. Toutes leurs invocations, leurs danses et leurs pèlerinages tendent vers ce but.

« Nous vivons tous de la Terre et du Soleil et de l’Eau et du Feu. Le Soleil, la Pluie, le Feu et le Vent, eux seuls peuvent détruire le monde en peu de temps. Telle est notre croyance »

Cerf, peyotl et maïs est une trilogie sacrée, c’est le fondement de la spiritualité des Huichols, ils croient profondément à l’identité mystique de ces trois éléments, en y ajoutant le Soleil et la Pluie, on a les cinq dieux principaux des Huichols.
Etant issus de communautés ancestrales de nomades, à la fois chasseurs et cueilleurs, leurs aliments principaux ont été très longtemps la viande de cerf et les fruits ou fleurs. Puis ils sont devenus semi-nomades, et donc cultivateurs :  ils ont gardé l’idéologie et les croyances des peuples sédentaires dont la nourriture de base a été  le maïs.

Entre cerf et maïs, le peyotl se situe au milieu, sorte de lien entre leurs deux modes de vie : la vie de nomade, avec la chasse, la cueillette, et la vie sédentaire avec l’agriculture.

Les divinités de leur panthéon se rangent essentiellement en deux catégories : les dieux de la saison sèche : Guérriers et Chasseurs, et les déesse de la Pluie, du Maïs et de la Végétation.

La place encore accordée de nos jours aux divinité astrales et à celle de la Chasse et du Peyotl montrent leur importance dans la religion primitive des Huichols

Lorque les Huichols se mirent à l’agriculture, l’eau pris pour eux une importance primordiale, et les déesses de la Fertilité, de la Terre et de la Croissance disputèrent la suprématie aux anciens dieux de la tribu.

La tradition sacrée rapporte les catastrophes qui s’abattirent sur le monde aux premiers temps de la création, quand les forces de la nature luttaient pour imposer leur domination absolue sur l’univers.

Lorsque les dieux Feu et Soleil réussirent à triompher des déesses de l’Eau, les fleuves se tarirent, la végétation se dessécha, les moissons se mirent à mourir, la famine et les épidémies ravagèrent le monde. Un désastre semblable se produisit lorsque les déesses de la Pluie imposèrent leur suprématie en submergeant la terre, et en détruisant les générations d’êtres qui la peuplaient.

Le maïs, aliment de base, nécessite pour croitre et murir, la chaleur du soleil et l’eau de la pluie en proportions égales. Aussi pour permettre à la vie de se développer et de se perpétuer dans le monde, les  » Grandes Puissances de l’Univers » arrivèrent à un accord : chacune exigea des pèlerinages, des fêtes, des sacrifices et des offrandes.

Le Soleil et le Feu tracèrent le mystique chemin du peyotl, et mirent en place les nombreuses autres cérémonies que les hommes devraient célébrer en leur honneur.

Les déesses eurent les mêmes exigences et imposèrent aux humains de multiples devoirs; rites, danses, chants et sacrifices, notamment pendant la période de l’année qui leur était consacrée, la saison humide. C’est alors seulement qu’elles permirent au maïs de germer et de murir et à la végétation de renaitre.

C’est au travers des récits mythologiques que les Huichols identifient les désirs divins, et trouvent les prières les rites destinés à satisfaire ces attentes

Les mara’akame affirment que si étaient perdus les « secrets » transmis dans les mythes, qui permettent aux hommes de contrôler et d’équilibrer les Forces de la nature, le monde serait précipité dans le chaos, et le peuple Huichol disparaitrait.

En d’autres termes, en négligeant ou en oubliant la tradition sacrée, la tribu cesse d’exister comme entité ethnique et culturelle, elle est entrainée dans un inévitable processus de dégradation lente.

Le mara’akame est à la foi un guérisseur, un louangeur, un maître de cérémonie, un prêtre. Le chamane est la figure dominante de la vie sociale et spirituelle, il est le gardien de la tradition, il dirige les cérémonies, raconte les mythes et les légendes, célèbre les rites funéraires. Il initie le Huichol et le guide sur le chemin initiatique du peyolt.

José Benítez Sánchez, chaman huichol

Avant d’être reconnu et accepté par sa communauté, le mara’akame doit prouver ses dons, ses connaissances, sa sagesse et ses pouvoirs. Intermédiaire entre les dieux et la tribu, il doit savoir décrypter les rêves et les visions, souvent confuses, des membres de sa communauté, et interpréter la volonté des dieux.

A travers le cycle compliqué des cérémonies , les Huichols cherchent l’assistance des forces de la nature pour assurer le succès des récoltes et de leur propre survie. Ils s’efforcent encore de garder leur culture vivante et, dès l’enfance, ils apprennent à communiquer avec le monde de l’esprit. Ils vivent pour la plupart selon leurs traditions ancestrales, grâce à la poursuite de ces rites millénaires. Ils ont gardé leur foi chamanique et leur vision d’un monde animiste où tout a une âme : végétaux, minéraux, animaux, humains, d’où le matérialisme est exclu. Ils observent beaucoup la nature et les phénomènes naturels, interprétant et transposant leurs observations sur un plan culturel et mythique.

 

Une montagne, une source, une rivière, une forêt, un amas de granit ou une grotte sont des dieux. Ainsi, quand on détruit un endroit à la dynamite, c’est une divinité qu’on élimine de la surface de la terre.

 

 

( A suivre: la semaine prochaine: La route du peotl, chemin initiatique)

 

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