Une île autonome et « durable » c’est possible, ils l’ont fait

El Hierro, « l’île du fer » ou « Ile du méridien », est la plus petite île et la plus méridionale de l’archipel espagnol des Canaries

La terre y est aride et l’eau douceâtre. Elle n’héberge que 11.000 habitants mais accueille de nombreux touristes. Chaque année, elle importe 6.000 tonnes de pétrole pour subvenir aux besoins énergétiques des insulaires qui bénéficient d’une centrale électrique et d’une usine de dessalement de l’eau de mer, laquelle génère la moitié de la dépense en énergie.

 

Depuis près de 30 ans, l’île développe un projet de grande ampleur : elle compte devenir autonome en énergie, et n’utiliser que celles qui sont renouvelables. Par sa situation géographique, El Hierro est une candidate idéale à l’énergie éolienne. À 27° N, en effet, elle profite des alizés toute l’année. Cependant, les éoliennes ne suffiraient pas à fournir la totalité des demandes énergétiques. L’île a donc construit la première centrale hydro-éolienne au monde, associant des aérogénérateurs (les éoliennes), des retenues hydrauliques pour le stockage et des générateurs hydroélectriques.

Elle permettra de fournir 85 % des besoins énergétiques de l’île. Le reste sera approvisionné par l’énergie solaire.

Ces cinq éoliennes de 64 m fournissent une puissance totale de 11,5 MW pour alimenter  la centrale, et actionner la pompe qui monte l’eau du bassin inférieur vers le lac supérieur. Durant les périodes sans vent, on laisse l’eau s’écouler vers le bas et des turbines produisent de l’électricité.

Le surplus d’énergie est utilisé pour une usine de dessalement.

Si le projet coûte 65 millions d’euros, il devrait faire économiser à l’île 6 à 7 millions d’euros par an. Il éviterait en outre l’émission annuelle de 18.700 tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Toutefois, le projet ne s’arrête pas là. El Hierro compte devenir une île complètement propre. Tous les secteurs de production ont été modifiés. Il s’agit principalement de l’agriculture et de l’élevage : les moutons et les chèvres ont remplacé les vaches qui abîmaient le sol. Les produits issus du lait de chèvre ou de brebis, de bonne qualité, sont exportés. L’île El Hierro a donc tout du modèle de développement durable efficace.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article a été lu 7340 fois par 901 lecteurs

Josephine B. Castillo et DAMPA

Josephine-Castillo

Josephine est la coordonnatrice nationale aux Philippines de DAMPA, un réseau de 217 organisations communautaires. Elle travaille en tant que responsable et organisatrice dans les communautés pauvres rurales et urbaines depuis plus de 20 ans.

DAMPA mobilise les groupes vulnérables, tels que les jeunes, les personnes âgées et les parents célibataires autour d’une large palette de questions relatives à la communauté, depuis la préparation aux catastrophes jusqu’à la propriété foncière.

 533822_359206167451822_125670094_n

Récemment DAMPA a organisé la mise en place d’une coopérative d’eau permettant de fournir de l’eau potable salubre aux communautés pauvres de Manille, en coopération avec des membres du Congrès et une entreprise de service public. DAMPA a également mis en place un programme d’hypothèques qui encouragera ces communautés à économiser, et permettra à leurs membres d’acheter et de partager des terres.

  419891_342347789137660_304146896_n

Un fonds de durabilité ou de « résilience » fait partie des autres initiatives lancées pour encourager les membres à économiser 1 peso (0,02 dollar) par famille et par mois, en vue de se prémunir contre certaines urgences. « Tous ces initiatives ont permis de faire changer les choses au sein de nos communautés » souligne-t-elle.

Cet article a été lu 7731 fois par 904 lecteurs