Inde: une banque pour, et par, les enfants des rues | La sagesse sur Terre

Inde: une banque pour, et par, les enfants des rues

 

La banque, Children’s Development Khazana (Coffre au trésor, en hindi, a ouvert ses premiers bureaux à New Delhi en 2001, avant de se développer dans tout le pays et même à l’étranger. Elle compte aujourd’hui 300 branches en Inde, au Népal, au Bangladesh, en Afghanistan, au Sri Lanka et au Kirghizstan. New Delhi en compte 12 pour un total de 1.000 « clients », âgés de 9 à 17 ans.

 

Les guichets de la CDK sont installés dans les centres d’hébergement où les enfants peuvent dormir, manger gratuitement et suivre des cours comme à l’école.

 

Ces guichets sont gérés par les enfants travailleurs « clients » en association avec des adultes, tous les six mois, les « clients » titulaires d’un compte élisent parmi eux deux responsables bénévoles.

« Les enfants qui gagnent de l’argent en mendiant ou en vendant de la drogue ne sont pas autorisés à ouvrir un compte. Cette banque n’est ouverte qu’à ceux qui croient au dur labeur », explique Karan, 14 ans, l’un des responsables.

Pendant la journée, Karan gagne sa pitance en faisant la plonge lors de mariages ou de fêtes. Le soir, il s’assoit derrière un guichet pour collecter l’argent des clients et actualiser leurs comptes.

« Certains titulaires veulent retirer leur argent. Je leur demande pourquoi et le leur rends si les autres enfants sont d’accord. L’épargne de chacun est rémunérée à hauteur de 5% »

Un adulte, membre du personnel, est toujours présent lors de la réception de l’argent après chaque journée de travail. C’est lui qui dépose ensuite l’épargne collectée dans une banque publique « normale » qui les rémunérera avec un taux d’intérêt.

 

Ces enfants, qui travaillent dans des situations précaires en gagnant en moyenne 1 $ par jour, épargnent généralement 60 à 80% de cette somme enfin de se constituer un capital pour créer leur micro entreprise.

Sharon Jacob de l’association caritative Butterflies à l’origine du projet commente :

« Ils travaillent dans des magasins comme camelots ou portiers mais ils n’ont jamais eu de lieu sûr où placer leur argent. Ils étaient toujours escroqués ou se faisaient voler… Maintenant, ils peuvent placer leur argent en toute sécurité et ils apprennent comment gérer leurs finances, tenir un budget. On leur apprend aussi le fonctionnement de la démocratie. »

 

Les fondateurs de CDK sont la banque HSBC et plusieurs associations caritatives (Butterflies, Comic relief, ChildHope, Misereor Ihr Hilfswerk).

 

Ram Singh, 17 ans, ne gagne qu’un dollar par jour avec les cent tasses de thé qu’il vend devant la gare de New Delhi, mais tous les soirs, après avoir remballé ses affaires, il passe à la banque déposer près de la moitié de son maigre revenu.

Le jeune homme possède un compte dans cette banque spéciale, créée pour les enfants des rues en Inde, en vue de garder en sécurité ces sous âprement gagnés, et instiller l’idée que, quel que soit l’argent qu’on gagne, il faut l’épargner.

Ram, l’un des millions d’enfants des rues employés à des basses besognes pour survivre, se dit déterminé à ce que son travail lui rapporte un capital lui permettant de créer une entreprise.

« Je suis futé, mais cela ne suffit pas à monter une affaire. Je mets de l’argent de côté tous les jours pour me lancer tout seul. Un jour bientôt »

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