loublanc Membre r�gulier
Inscrit le: 01 Avr 2005 Messages: 65 Localisation: france yvelines
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Post� le: 01 Juil 2005 21:55 Sujet du message: les trois portes de la sagesse |
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Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l'envoya aupr�s d'un Vieux Sage.
"Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda le Prince.
"Mes paroles s'�vanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, r�pondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les pr�ceptes indiqu�s sur chacune d'entre elles. Un besoin irr�sistible te poussera � les suivre. Ne cherche pas � t'en d�tourner, car tu serais condamn� � revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t'en dire plus. Tu dois �prouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi."
Le Vieux Sage disparut et le Prince s'engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bient�t face � une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".
"C'�tait bien l� mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d'autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son id�al, sa fougue et sa vigueur le pouss�rent � se confronter au monde, � entreprendre, � conqu�rir, � modeler la r�alit� selon son d�sir. Il y trouva le plaisir et l'ivresse du conqu�rant, mais pas l'apaisement du coeur. Il r�ussit � changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui r�sist�rent. Bien des ann�es pass�rent.
Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, r�pondit le Prince, � discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m'�chappe, ce qui d�pend de moi et ce qui n'en d�pend pas".
"C'est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui �chappe � ton emprise." Et il disparut.
Peu apr�s, le Prince se trouva face � une seconde porte. On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".
"C'�tait bien l� mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d'amertume et de frustration." Et il s'insurgea contre tout ce qui pouvait le d�ranger ou lui d�plaire chez ses semblables. Il chercha � infl�chir leur caract�re et � extirper leurs d�fauts. Ce fut l� son deuxi�me combat. Bien des ann�es pass�rent.
Un jour, alors qu'il m�ditait sur l'utilit� de ses tentatives de changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, r�pondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes d�boires. Ils n'en sont que le r�v�lateur ou l'occasion. C'est en moi que prennent racine toutes ces choses."
"Tu as raison, dit le Sage. Parce qu'ils r�veillent en toi, les autres te r�v�lent � toi-m�me. Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font na�tre en toi souffrance ou frustration, car � travers eux la Vie t'enseigne ce qui te reste � apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.
Peu apr�s, le Prince arriva devant une porte o� figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME".
"Si je suis moi-m�me la cause de mes probl�mes, c'est bien ce qui me reste � faire," se dit-il. Et il entama son 3�me combat. Il chercha � infl�chir son caract�re, � combattre ses
imperfections, � supprimer ses d�fauts, � changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout
ce qui ne correspondait pas � son id�al. Apr�s bien des ann�es de ce combat o� il connut
quelques succ�s mais aussi des �checs et des r�sistances, le Prince rencontra le Sage qui lui
demanda : Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, r�pondit le Prince, qu'il y a en nous des choses qu'on peut am�liorer, d'autres qui nous r�sistent et qu'on n'arrive pas � briser."
"C'est bien," dit le Sage.
"Oui, poursuivit le Prince, mais je commence � �tre las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-m�me. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de l�cher prise."
"C'est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d'aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.
Regardant en arri�re, le Prince vit dans le lointain la 3�me porte et s'aper�ut qu'elle portait sur sa face arri�re une inscription qui disait "ACCEPTE-TOI TOI-MEME."
Le Prince s'�tonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu'il avait franchi la porte la
premi�re fois, dans l'autre sens. "Quand on combat on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi,
gisant sur le sol, �parpill� autour de lui, tout ce qu'il avait rejet� et combattu en lui : ses d�fauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux d�mons. Il apprit alors � les reconna�tre, � les accepter, � les aimer. Il apprit � s'aimer lui-m�me sans plus se comparer, se juger, se bl�mer. Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris sur le
chemin ?"
"J'ai appris, r�pondit le Prince, que d�tester ou refuser une partie de moi, c'est me condamner � ne jamais �tre en accord avec moi-m�me. J'ai appris � m'accepter moi-m�me, totalement, inconditionnellement."
"C'est bien, dit le Vieil Homme, c'est la premi�re Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3�me porte."
A peine arriv� de l'autre c�t�, le Prince aper�ut au loin la face arri�re de la seconde
porte et y lut "ACCEPTE LES AUTRES".
Tout autour de lui il reconnut les personnes qu'il avait c�toy�es dans sa vie ; celles qu'il avait aim�es comme celles qu'il avait d�test�es. Celles qu'il avait soutenues et celles qu'il avait combattues. Mais � sa grande surprise, il �tait maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs d�fauts, ce qui autrefois l'avait tellement g�n� et contre quoi il s'�tait battu. Il rencontra � nouveau le Vieux Sage. "Qu'as-tu appris sur le chemin ?" demanda ce dernier.
"J'ai appris, r�pondit le Prince, qu'en �tant en accord avec moi-m�me, je n'avais plus rien �
reprocher aux autres, plus rien � craindre d'eux. J'ai appris � accepter et � aimer les autres
totalement, inconditionnellement."
"C'est bien," dit le Vieux Sage. C'est la seconde Sagesse. Tu peux franchir � nouveau la deuxi�me porte.
Arriv� de l'autre c�t�, le Prince aper�ut la face arri�re de la premi�re porte et y lut "ACCEPTE LE MONDE".
"Curieux, se dit-il, que je n'aie pas vu cette inscription la premi�re fois. Il regarda autour
de lui et reconnut ce monde qu'il avait cherch� � conqu�rir, � transformer, � changer. Il fut frapp� par l'�clat et la beaut� de toute chose. Par leur perfection. C'�tait pourtant le m�me monde qu'autrefois. Etait-ce le monde qui avait chang� ou son regard ?"
Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu'as-tu appris sur le chemin ?"
"J'ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon �me. Que mon �me ne voit
pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjou�e, le monde lui semble gai.
Quand elle est accabl�e, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n'est ni triste ni gai. Il est l� ; il existe ; c'est tout. Ce n'�tait pas le monde qui me troublait, mais l'id�e que je m'en faisais. J'ai appris � accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."
"C'est la 3�me Sagesse", dit le Vieil Homme. "Te voil� � pr�sent en accord avec toi-m�me, avec les autres et avec le Monde."
Un profond sentiment de paix, de s�r�nit�, de pl�nitude envahit le Prince. Le Silence l'habita. "Tu es pr�t, maintenant, � franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de la pl�nitude � la Pl�nitude du Silence".
Et le Vieil Homme disparut. _________________ Nos sens cr�ent nos �motions. La musique influence nos �motions. Certaines formes de musique nous relient � des niveaux subtils et profonds de l'�tre et participent � nous rendre heureux. |
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