Na�lle Mod�ratrice

Inscrit le: 16 F�v 2005 Messages: 1633 Localisation: les brumes du nord
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Post� le: 08 Ao� 2005 08:43 Sujet du message: Vautour fauve, ennemi public pyr�n�en |
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Esp�ce prot�g�e, il s'attaque parfois aux troupeaux, ce qui rend les bergers f�roces.
Le projet de r�forme du statut des parcs nationaux pr�sent� par le gouvernement suscite l'inqui�tude des associations de protection de la nature.
Avant son examen par le Parlement � la rentr�e, chaque samedi, zoom sur l'un des sept parcs nationaux. Aujourd'hui : le parc national des Pyr�n�es.
Autour de la table, la discussion s'emballe.
�Si �a continue, on va se balader avec une carabine sous le bras�, s'emporte Jeannot, entre deux phrases en patois.
Ce berger de la vall�e d'Ossau peste contre les vautours fauves, une esp�ce prot�g�e qui, selon lui, n'h�site plus � attaquer les brebis et les vaches vivantes.
�Un de ces jours, c'est un homme qui va se faire bouffer, apr�s s'�tre fait une fracture ouverte dans la montagne�, rench�rit un autre �leveur.
�Oh ! On n'est pas dans Lucky Luke�, rit jaune un agent du parc national des Pyr�n�es, qui cherche � les raisonner.
Apr�s l'ours, les vautours constituent le sujet de pol�mique de la vall�e. Moins sensible, mais il illustre autant les difficult�s rencontr�es par le parc � se faire accepter localement, quarante ans apr�s sa cr�ation.
Longtemps, les rapaces n'ont pos� aucun probl�me. Au d�but des ann�es 60, il est apparu qu'il fallait agir.
Certaines esp�ces sont alors au bord de la disparition, comme le gypa�te, l'oiseau embl�matique de la r�gion, dont il ne subsiste alors que 5 couples.
Plut�t que de recourir � une co�teuse r�introduction, comme dans les Alpes, le parc national d�cide de tout faire pour favoriser la reproduction. Avec une belle r�ussite, puisqu'on compte aujourd'hui 27 couples.
Cela ne va pas sans n�gociations serr�es avec EDF, pour convaincre la compagnie de placer des signaux visuels sur ses c�bles, afin que les b�tes ne s'�lectrocutent pas en les percutant ; avec des gestionnaires de t�l�skis, pour les m�mes raisons ; avec la f�d�ration d'escalade ou de parapente, pour prot�ger les nids.
Mais, dans l'ensemble, cet oiseau doux et timide est accept�.
Animaux du diable
Ce qui n'est pas le cas du vautour fauve.
Lui aussi menac� dans les ann�es 70 (30 couples c�t� fran�ais), il prolif�re aujourd'hui avec �plus de 500 couples, sans compter les 4 500 c�t� espagnol qui peuvent passer la fronti�re�, selon Didier Herv�, directeur de l'Institution patrimoniale du haut B�arn (IPHB), un organisme politiquement proche des bergers b�arnais, mais r�unissant tous les acteurs locaux.
Le parc national en convient, l'attitude des vautours a chang� : ils ne fuient plus aussi vite, n'ont plus autant peur de l'homme.
De l� � dire qu'ils sont devenus pr�dateurs... �Ils sont trop nombreux et n'ont plus assez � manger avec les charognes, assurent les bergers. Alors ils s'attaquent aux b�tes vivantes, bless�es ou vuln�rables.� Fantasmes ? Pas compl�tement. Friands du placenta des vaches, les vautours ont caus� quelques d�g�ts au cours des derni�res ann�es, notamment au moment o� celles-ci mettent bas et sont en position de faiblesse.
Pour en avoir le coeur net, l'IPHB a d�cid� de mettre en place un observatoire charg� de recenser toutes les plaintes.
�En fait, il y a beaucoup de rumeurs, explique Didier Peyrusqu�, garde du parc national attach� � la r�serve d'Ossau. Au cours des dix derni�res ann�es, on a d�nombr� seulement une centaine de plaintes sur le d�partement des Pyr�n�es-Atlantiques (dont 29 en 2004, ndlr). Mais toutes sont loin d'�tre justifi�es et cela reste infime, compar� aux centaines de milliers de brebis et aux dizaines de milliers de bovins du d�partement. N'oublions pas que les chiens, la foudre, les accidents, tuent aussi. Il ne peut y avoir de risque z�ro.�
Pourtant, la rumeur vole : les vautours auraient chang�. Ils ne se contenteraient plus de nettoyer la for�t de ses cadavres.
�C'est encore la vieille imagerie populaire du rapace, estime Christian Arthur, responsable de la gestion de la faune du parc. Les animaux du diable. Une b�te associ�e � la mort.�
Au parc aussi, une image est invariablement accol�e. Celle d'une institution �tatique, jacobine, ce qui ne convient gu�re aux �frondeurs� b�arnais.
�On est enferm�s dans un jeu de r�les, regrette Didier Peyrusqu�. Chacun reste sur ses positions et les bergers refusent de voir les choses en face : les g�n�rations pr�c�dentes n'auraient jamais laiss� une vache mettre bas seule dans la montagne.
Si les troupeaux sont laiss�s � eux-m�mes, ils ne sont pas prot�g�s.�
Empoisonnement
Pour Christian Arthur, il suffirait d'indemniser les �leveurs lors de leurs rares cas de pertes. Sauf que personne ne sait o� m�nerait le processus d'indemnisation. Et que les bergers n'en veulent pas.
�On est indemnis�s de partout�, r�le Jean-No�l. �Nous, on veut vivre de notre travail et rien, pas m�me l'argent, ne peut remplacer une b�te � laquelle on est attach�, ajoute-t-il dans un �lan sentimental un peu outr�.
La plus forte cause de mortalit� des vautours reste l'empoisonnement. �Par des pesticides, explique Christian Arthur. Mais ce sont peut-�tre aussi des empoisonnements volontaires.�
Pour Didier Peyrusqu�, tout cela est insens� :
�Quand les vautours n'auront plus assez � manger, certains d'entre eux ne pondront plus et la nature se r�gulera par elle-m�me.� Reste � en convaincre les bergers.
Par Micha�l HAJDENBERG
(Liberation)
Vall�e d'Ossau envoy� sp�cial
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les g�n�rations pr�c�dentes n'auraient jamais laiss� une vache mettre bas seule dans la montagne.
Si les troupeaux sont laiss�s � eux-m�mes, ils ne sont pas prot�g�s.� |
M�me chose que pour les loups et les moutons .....
 _________________ *Rit Ur*
Les frondaisons du h�tre
Toutes reverdies,
Neuves, bourgeonnantes,
Ne sont plus fl�tries.
(C�d Goddeu) |
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