Un dragon... un trésor.


Modérateur: Les Chevaliers Gentils

Un dragon... un trésor.

Messagede Marie* » 28 Déc 2007 19:41

Un extrait du manuscrit Beowulf (du nom du héros de l'histoire qu'il relate, ne pas oublier que s'il n'y est pas nettement fait mention de religion chrétienne, le plus vieux manuscrit date de l'an mille, sa copie n'en a pas moins subit l'influence, même légère):
Un dragon endormi sur un trésor, d'où vient le trésor, qui sont ceux qui l'ont mis là, le chant du dernier survivant de ceux ci, pourquoi le dragon dort là, pourquoi il se réveille...


Le feu crépite dans la cheminée, le vent souffle au dehors, la flamme des bougies jettent des ombres mouvantes sur les murs, le conteur est assis près de l'âtre, approchez, installez-vous, et écoutez ....

" ...après tout cela échut à Beowulf le vaste royaume. entre ses mains.
Il le gouverna avec succès cinquante années durant, régnant avec expérience en vieux gardien de la terre des ancêtres, jusqu'au moment où dans l'ombre des nuits se déchaîna un dragon qui dans les hautes terres veillait sur un trésor, tertre roide et rocheux; en bas se trouvait un sentier que ne frayait aucun humain.
C'est pourtant là que pénétra je ne sais qui: il se faufila et s'approcha du trésor païen. Sa main saisit un objet rutilant de joyaux. Le dragon alors endormi, fut trompé par l'habileté du voleur. Les gens du pays, les habitants de la région firent l'expérience de sa colère.

Ce n'est pas de son propre gré que l'homme cambriola le dragon ni volontairement qu'il lui causa dommage et douleur, c'est par nécessité qu'un serviteur de je ne sais quel fils de guerrier, menacé de coups, pris la fuite et cherchant un abri, pénétra à l'intérieur, conscient de sa faute .
Il découvrit alors que [vers manquants] une effroyable terreur. Pourtant le misérable [vers manquants] en proie à la pire frayeur il vit une précieuse coupe; il y en avait beaucoup de semblables dans cette demeure souterraine, beaucoup d'antiques telles qu'aux jours d'autrefois quelque inconnu les avait déposées, immense héritage d'une noble race, après mûres réflexion il avait cachés là ces trésors sans prix.

La mort avait emporté les gens de sa race au cours du temps passé, et lui, seul survivant parmi les vétérans, dernier à subsister, veilleur pleurant ses amis, il songea à son âge, il songea qui lui restait peu de temps à jouir de ces trésors sans âge. Un tertre funéraire tout préparé existait sur un terrain qui bordait la mer, récente construction près d'un promontoire, difficile d'accès.
Là à l'intérieur, il porta une bonne part des richesse des preux, en vrai pasteur de ces trésors, ce qui méritait d'être déposé des oeuvres en or.
Il prononça ces quelques mots;

"Garde, ô Terre, maintenant qu'elles sont refusées aux héros les possessions des princes!
Oui prends ce qu'on tiré de toi les nobles guerriers. Le combat meurtrier les a enlevés, le féroce broyeur de vie, tous jusqu'au dernier, mes compagnons, tous ont quitté ce monde.
Ils ont connu la joie de la grand-salle: je n'ai personne pour porter mon épée ou bien polir le calice ouvragé, la précieuse coupe.
Les vétérans s'en sont allés. Le dur matériau du heaume devra rester sans son or, sans ses plaques ouvragées : les orfèvres reposent qui devaient polir le masque de bataille.
De même la tunique de guerre, qui dans le combat endurait, par les brèches du bouclier, la morsure des fers, tombe en poussière comme le guerrier.
La cotte de mailles n'accompagnera plus les guerriers à la pointe du combat, ne protégera plus le flanc des héros.
Finie la joie de la lyre, fini le plaisir du bois chantant, fini le noble faucon voletant dans la grand-salle, fini le fringant coursier piaffant dan la cour.

Combien de vivant l'horrible mort n'a t-elle pas emportés?"

Ainsi, l'âme endeuillée, chanta sa plainte, l'ultime survivant. Sans joie il errait le jour, la nuit jusqu'à ce que le flot de la mort déferlât et atteigne son coeur.

L'attirant trésor parut une proie sans défense pour le vieux fauve crépusculaire qui tout en flammes hante les tertres des morts.
Le cruel dragon au cuir chauve vole durant la nuit entouré de feu. Les habitants du pays le craignent par-dessus tout.
Il recherche les caches enterrées où, accumulant hivers et expérience, il veillera sur l'or païen sans en tirer le moindre profit.

Ainsi pendant trois cents hivers, l'ennemi des gens régna, enterré, sur cette chambre au trésor avec une incroyable efficacité jusqu'à ce qu'un individu excitât sa fureur en dérobant une coupe ouvragée pour la porter à son maître.
Le trésor se trouva pillé, la cache aux joyaux violée, le pardon accordé au misérable, dont le maître contempla pour la première fois une oeuvre d'art antique.
Aussitôt le serpent s'éveilla, resurgit son agitation, il se glissa le long des pierres et découvrit, la rage au coeur, les traces de l'ennemi qui s'était trop avancé d'un pas furtif près de la tête du dragon.
Ainsi peut, si la mort n'est pas sur lui, aisément surmonter exil et malheur celui qui conserve la grâce du maître souverain. Le gardeur de trésor explora le sol avec soin, voulant retrouver l'homme qui lui avait, durant son sommeil, causé cruel dommage.
Brûlant de rage, il fit maintes fois le tour du tertre de bout en bout: il n'y avait personne en ces lieux désolés.
Il aurait pourtant aimé attaquer, s'activer au combat. Il retourna plusieurs fois dans le tertre en quête du calice. Il n'y avait pas de doute; un humain avait touché à l'or, aux superbes richesses.
Le gardeur du trésor attendit non sans peine que vint la nuit.
L'occupant du tertre éclatait de fureur, dans sa haine il décida de venger par le feu le vol de la coupe précieuse. Puis le jour disparut à la satisfaction du serpent. Sans rester plus longtemps sur la muraille, il partit entouré de flammes sur un trajet de feu....."


La suite est une autre histoire :D

(extrait de: " Beowulf" ouvrage publié avec le concours du Centre d'Etudes Supérieurs Médiévales de l'université de Poitiers - col Lettres Gothiques )
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