Ga�lle Pionnier de Sagesse Primordiale
Inscrit le: 31 Oct 2005 Messages: 34 Localisation: Entre Vercors et Broc�liande
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Post� le: 31 D�c 2005 00:44 Sujet du message: Le don de la sagesse primordiale ! |
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Jamais, je crois une rubrique n'a si joliment �pous� la teneur de mon message.
On y parle de don, et de pr�sent, de joie, d'�coute et de coeur, et d'ouverture � une spiritualit� nouvelle, qui au del� des mots, d�livre des maux.
Merci � vous !
J�ai souvent vu se changer les choses.
Comme le bourgeon qui se transforme jour apr�s jour, et devient une fleur, belle et �panouie, comme un regard qui change doucement, et des yeux qui reprennent un instant de vie, des l�vres gerc�es qui s�entrouvrent, esquissant un sourire, un corps �panoui qui largue ses amarres et s'enfonce dans la vase.
J�ai souvent, patiemment, �cout� les autres, cherchant � leur faire dire quelques v�rit�s enfouies et profondes, qu�elles voulaient oublier, et qui se r�v�laient � nouveau, comme un venin puissant, chaque fois qu�elles souhaitaient �tre enfin heureuses.
J�ai parl� avec les Dieux, jusqu�� tutoyer les morts, essay� les plus atroces folies, � la recherche d�un dernier soupir, un ultime fixe d�absinthe ou de neige, qui finissait toujours dans le rouge et le sang.
J�ai hurl� � la lune, pleur� mon infortune, cri�, temp�t�, niant les �vidences.
Abus�e, trahie, jet�e, j�ai connu les errances, et mon c�ur a saign�.
J�ai regard� les trains, qui arrivaient trop vite sous les cat�naires, serrant le parapet, avec l�envie de sauter.
J�ai regard� le monde, incomprise et battue, j�ai pleur� chaque larme, que mon maigre corps renfermait.
J�ai fait les trottoirs � de Paris, de Neuilly, j�ai cherch� cet Eden, dont la folie des hommes semblait m�avoir bannie.
Je n�ai plus vu d�amour, et chaque jour un peu plus, le fardeau �tait lourd.
Alors j�ai plaqu� ma d�tresse, et j�ai aid� les autres, enfermant en cachette, ce que je voulais offrir, aux malmen�es de la vie.
Je me suis battue pour les voir sourire, arr�ter leurs larmes, et qu�elles confient leurs terribles secrets, ressassant tous les jours, qu�on ne peut pas vivre avec une plaie b�ante, tout au fond de l��me.
Jusqu�� en oublier la mienne, qui avait su m�emmurer dans les barbel�s squelettiques d�une fronti�re invisible, aux miradors terrifiants.
Et puis j�ai �crit ma vie, par bribes, quelques mots de r�volte, que le papier ami, m�offrait parfois de r�voquer.
A tant fr�ler les territoires de la Mort, on finit toujours par y laisser son �me, et j�ai arpent� d'�tranges contr�es pav�es d'�tranges sentiments, que le soleil a depuis longtemps d�sert�.
J�ai caress� des armes, comme des pierres pr�cieuses, esp�rant m�en servir, sans jamais y parvenir.
J'errais dans une vie trop vide, toute interdite de sens.
Et puis j�ai os� me lib�rer.
Comme �a, un soir, pouss�e par cette �toile vibrante qui ne m�a jamais trahie, fid�le au del� de toutes mes d�pravations, et qui vit dans les jardins secrets de mon c�ur, j�ai l�ch� ces mots sales, cette honte inavou�e, cette torture quotidienne, comme on vomit sa bile, les soirs de lune pleine.
Je n�ai d�abord rien ressenti. Sans oser me relire, j�ai valid� mes mots, sans savoir ... fragile ... qu�ils lib�reraient mes maux.
Et puis chaque jour je regardais, anxieuse, les commentaires assidus que vos mains habiles me laissaient sur la toile.
Certain m�ont �crit de merveilleux mots, quelques murmures intimes d�pos�s avec �l�gance au fond de ma bo�te aux lettres.
Ces m�mes lettres, �tranges, qui ont su tisser, tout au fond de moi, cette �trange force !
Sans me juger vous m�avez aid�s, au del� des mots, des hontes et des tabous.
Je connais ces histoires, chaque jour je rencontre des fillettes bafou�es, viol�es, drogu�es, prostitu�es. Toujours la m�me r�volte, mais elles font partie de mon quotidien, c�est le travail que j�ai choisi, et en cela ces r�cits ne m�effrayent plus.
Mais une discussion anim�e sur le chat de ce merveilleux site, m�a montr�e combien ce d�calage est dur, difficile � supporter pour ceux qui n�en ont pas l�habitude.
L� j�ai pu imaginer cet �lan de g�n�rosit� et ces peurs larv�es qu�il vous a fallu d�passer, pour sortir de votre quotidien et vous pencher sur mes maux.
Plus de titres dans les journaux, plus de tablo�des naus�eux, affich�s dans les squares, pas d'images sur un t�l�viseur un soir � vingt heures. Mais un �tre de chair, qui parle comme vous, avec vous et qui, sans jamais se plaindre, essaye de trouver la sortie secr�te � toutes ses craintes.
Elle n�est pas en Ukraine, elle n�est pas au N�pal, en Chine ou en Afrique, elle est l�, sous vos fen�tres, � quelques pas, � peine, du bac � sable o� jouent vos enfants.
Et l�, bravant l�affront, vous m�avez �cout�e, consol�e, aim�e, comme je crois, personne avant vous n�avez su le faire ainsi, juste entre vous et moi, sans int�r�ts, juste pour moi et pour m�aider.
Alors j�ai ouvert les yeux sur une autre douceur, quelque chose de lointain, comme un souvenir s�pia qui nous vient tout droit de nos airs d'enfance, quand on peut encore se prot�ger derri�re ses parents.
J�ai regard� la vie avec un �il neuf, comme si vous aviez expurg� cette lancinante tristesse qui ourlait mes regards, d�un ind�fectible larme, sur ce monde ravag�.
Vous avez point� mes tristesses, en chacun de mes mots, et m�me toi, Man Ing, tu es sorti de ta r�serve, pour m�aider � trouver d�autres rimes enjou�es � mes �ternelles rengaines.
Alors le soleil s�est lev�, comme des brass�es de fleurs, j�ai compris le sens cach� de vos signes, et entrouvert les portes de votre philosophie.
Maintenant sur le seuil, mon c�ur bat plus vite, et je m'�loigne enfin des rivages terrifiants des princes mortif�res.
D�un gris feutr�, qui soulignait mes jours, j�ai aper�u le bleu du soleil, et le vert des oranges dans le rouge du ciel.
J'ai quitt� cette �trange gangue de nuit qui enveloppait mes sens, et pour la premi�re fois, depuis longtemps d�j�, je me suis remaquill�e.
Que vous dire, si ce n�est un merci, qui r�sonne jusqu�au cieux ?
Y a t�il plus grand tr�sor, que d�offrir � celui qui est sur une voie de garage, de quoi reprendre son essor ?
Oui bel albatros, aujourd'hui, moi aussi je peux m'envoler, enfin lib�r�e.
Je suis conquise, et vous serai toujours fid�le, car vous m�avez sans doute offert l�, mes plus beaux v�ux pour une nouvelle ann�e.
Je vous aime.
Merci !
Mille bises
Ga�lle
Derni�re �dition par Ga�lle le 31 D�c 2005 01:23, �dit� 1 fois |
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