errantgris Membre r�gulier

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Post� le: 03 Oct 2005 00:01 Sujet du message: |
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Les pro-loup devenus bergers en Is�re
Par Lise BARNEOUD
samedi 01 octobre 2005 (Liberation - 06:00)
Massif de Belledonne (Is�re) envoy�e sp�ciale
G�n�ralement, dans les histoires de loup, il y a les �cologistes d'un c�t� et les �leveurs de l'autre, avec, au milieu, un �norme vide. Mais sur l'alpage rocailleux du vallon du Mercier, en plein coeur du massif de Belledonne (Is�re), ce foss� semble sur le point de se combler. L�, � deux heures de marche du parking le plus proche, Marius Repellin monte chaque �t� ses 900 brebis et ses quelques ch�vres.
Avant l'arriv�e du loup, il les laissait p�turer seules et montait juste de temps en temps leur amener du sel. Mais, depuis que la b�te est de retour, ce mode de fonctionnement n'est plus possible: une pr�sence humaine permanente est n�cessaire. Avec les subventions du programme Life (L'Instrument financier pour l'environnement, cofinanc� par diff�rents minist�res et par l'Union europ�enne), Marius a embauch� un aide-berger. Et, depuis deux ans, il re�oit �galement l'aide d'��covolontaires�, des b�n�voles, �cologistes pour la plupart, d�cid�s � donner de leur temps pour aider les bergers face aux nouvelles contraintes que leur impose le loup.
�Au-del� du coup de main que ces volontaires peuvent donner, il s'agit surtout de pousser � se rencontrer des citoyens dont les logiques de vie sont parfois tr�s �loign�es, explique Jean-Luc Borelli, responsable de ce programme d'�covolontariat mis en place par l'association �cologiste Ferus. De toute fa�on, la cohabitation entre le loup et le mouton passera d'abord par celle des hommes entre eux !� Ainsi, depuis le d�but de l'�t� et jusqu'� mi-octobre, des �tudiants, des ch�meurs, des retrait�s, des pharmaciens, des instituteurs ou encore des chercheurs se succ�dent sur une quinzaine d'alpages en France, dont celui de Marius. �Puisque les �colos veulent le loup, je les utilise�, se justifie en plaisantant l'�leveur.
Jumelles. �Puisque le retour du loup co�te aux bergers, chacun doit faire des efforts�, explique de son c�t� Catherine, qui termine son deuxi�me s�jour en tant qu'�covolontaire chez Marius. Voil� deux semaines que cette institutrice de 48 ans vit au rythme du troupeau, se l�ve � 6 heures chaque matin, passe ses journ�es � scruter les moutons aux jumelles et � informer les nombreux randonneurs sur les comportements � respecter dans le troupeau.
Assis dans l'herbe, envelopp�s dans une brume qui peine � se lever, Marius et Catherine discutent avec passion de ce qui les r�unit et les s�pare � la fois: le loup. R�introduit pour l'un, revenu naturellement pour l'autre, l'animal est tant�t un sanguinaire qui vide la for�t, tant�t un r�gulateur d'une faune sauvage devenu trop abondante. �Tant que nous resterons s�par�s par des id�es fausses, nous n'avancerons jamais, r�sume Catherine. Par exemple, je croyais que l'�leveur touchait trois fois le prix de l'agneau avant m�me de le vendre gr�ce aux primes. Mais ce n'est pas du tout le cas ! S'il ne vend pas son agneau, les primes ne lui suffisent pas pour vivre...�
�Les bergers disent peut-�tre beaucoup de conneries sur les �colos, mais les �colos en disent beaucoup sur nous aussi, conclut Marius en riant. Le probl�me, c'est que les �colos savent mieux s'exprimer, ils ont le temps de lire, de s'informer. Au final, ils sont beaucoup plus �cout�s que nous. D'o� l'int�r�t d'avoir des bergers �colos !� Et sa tactique fonctionne .
Pro-mouton. L'ann�e pass�e, Laure �tait �covolontaire sur son alpage. Cette ann�e, Marius l'a embauch�e pour trois mois en tant que berg�re. Or, si le discours reste pro-loup, l'approche d�sormais diff�re. �Le loup m'int�resse �videmment, mais les moutons aussi. Contrairement � Catherine, je ne suis pas venue ici pour le loup. Je suis surtout l� afin de trouver des solutions pour le mouton�, raconte cette jeune femme de 31 ans qui travaillait jusqu'� pr�sent dans une r�serve naturelle pr�s d'Orl�ans. Dans la cabane de la Pra, sans eau ni �lectricit�, Laure raconte sa d�couverte du m�tier. Cette ann�e, elle a vu na�tre les agneaux, elle en a nourri certains au biberon, elle a appris � traire les ch�vres... R�sultat: �Je suis devenue tr�s attach�e � certaines b�tes et je ne pourrais pas supporter que le loup me les prenne. Il y a m�me une chevrette que j'aimais tellement que je n'ai pas voulu qu'on la monte ici: elle est rest�e � la ferme...�, sourit Laure. Marius est aux anges.
Sur cet alpage, � plus de 2 000 m�tres d'altitude, il semble que le pari d'une cohabitation entre �cologistes et �leveurs soit en passe d'�tre gagn�. Cons�quence ou co�ncidence, celle entre le loup et le mouton ne se porte pas trop mal non plus: aucune b�te n'a succomb� aux crocs du pr�dateur cette saison. Une seule l'an pass�. _________________ Tous ceux qui errent ne sont pas perdus.
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riketz Membre r�gulier

Inscrit le: 08 Jan 2005 Messages: 93 Localisation: Gap (05)
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Post� le: 07 Oct 2005 20:58 Sujet du message: |
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Un grand bravo � ces eco-volontaires!
L'id�e est superbe et elle permet vraiment de rapprocher ceux qui ont trop tendances � ce taper dessus, comme quoi, des solutions existe si on veut bien se bouger un peu, m�me si ca rend malade les �colo de bureau...  _________________ *"Je pensait que depuis le temp, vous auriez fait la diff�rence entre le savoir,h� h�... et la sagesse!"Un barman dans star wars.
*La passion fait vivre,la sagesse fait durer.
*Notre gloire n'est pas de ne jamais tomber,mais de nous relever � chaque fois que nous tombons.
*Pour vivre ensemble, il ne faut pas �tre tous pareils, mais juste respecter nos diff�rences. |
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